Bonjour à tous et à tous! Ci-dessous se trouve le témoignage de Noha El Sadawy qui travaille à l’université de Lausanne.
1) Comment votre trouble se manifeste-t-il ?
Je suis sourde profonde de naissance et je ne peux pas entendre les bruits.
 
2) Y a t-il des choses que votre trouble vous empêche de faire à l’Université ?
Pas vraiment, mais c’est la communication et la circulation des informations que je n’entends pas (les discussions de couloir entre collègues).
 
3) De quels aménagements bénéficiez-vous lors des examens/cours/travail ?
J’ai surtout eu besoin des interprètes en langue des signes durant mes études, principalement pour les examens et les cours. Cela me permet de pouvoir suivre complètement le cursus comme les étudiants entendants. Un exemple d’aménagement : durant les examens, j’ai demandé un peu plus de temps, 10-15 min afin de rédiger des textes, car il faut savoir que la langue française écrite est une seconde langue pour moi. Rédiger un texte par écrit me demande bien plus de temps que les autres.
 
4) Comment avez-vous vécu votre parcours universitaire?
J’ai eu beaucoup de chance avec le soutien dont j’ai bénéficié lors de mes études en CAS de Médiation culturelle! Normalement, l’AI (assurance invalidité) aurait dû prendre en charge les frais d’interprètes jusqu’à la fin de mes études. Cependant, l’AI a décidé d’interrompre cette prise en charge en raison de mon choix de suivre une deuxième formation. Pour l’AI, il aurait fallu que je reste dans la même voie que celle de mon premier métier. À ce moment-là, je n’ai pas accepté cette décision et je l’ai trouvée injuste. Heureusement, les interprètes ont accepté de traduire bénévolement pendant mes cours et les professeurs ont été très compréhensifs et m’ont soutenue jusqu’à la fin de mes examens.
 
5) Quels sont vos sentiments face aux structures actuelles de l’Université ?
Cela fait 18 ans que je travaille à l’UNIL, au service UNIRIS (Service des ressources informationnelles et archives) de la Direction. Les débuts ont été un peu difficiles, mais petit à petit, j’ai trouvé des astuces pour ne pas me sentir trop exclue. Maintenant, certains collègues me connaissent mieux. Je leur enseigne quelques mots en langue des signes pour pouvoir communiquer avec eux.
 
6) Est-ce que vous vous êtes déjà sentie exclue dû à ton trouble ?
Non pas vraiment. Je suis habituée.
 
7) Que pensez-vous que les entendants devraient mieux comprendre ou savoir sur la surdité ?
Je pense que les entendants devraient comprendre ce qu’est la surdité et en apprendre davantage petit à petit, par exemple en communiquant avec une personne sourde ou en participant à un événement où les sourds se rencontrent.
8) Que souhaitez-vous dire aux personnes ayant des troubles / handicaps similaire ?
Il ne faut pas avoir peur des personnes sourdes ; pas besoin de se sentir gêné!
9) Quelles ressources ou communautés trouvez-vous particulièrement utiles ou soutenantes ?
Il n’y a pas beaucoup d’informations sur la surdité à l’université, mais il faut aller sur les réseaux sociaux où nous pouvons trouver quelques informations.